Voyage en Atypie

Ce texte est le fruit d'une création collective. Je me suis chargé, imbibé des idées de nombreuses personnes. Puis j'ai écrit.

Une bête sadique, qui aimait prendre son temps avant d'achever sa proie ; plus effrayante que le dinosaure moche et dégoûtant croisé la veille.

En ce beau matin d'octobre, Logorrhée balançait toutes les rumeurs entendues ici et là sur le monstre. Ses phrases ne semblaient jamais contenir de silences ou de respirations. Elle enchaînait sans jamais faillir. Aphresia ne l'écoutait qu'à moitié. Elle se laissait distraire. Une abeille ici, une goutte de rosée là.

— Aphresia tu m'écoutes ?
— Oui pardon... Tu disais ?
— Tu ne dois surtout pas y aller ton oncle est dangereux et puis il habite dans la zone obscure de la forêt à ta place je n'irais pas parce...
— Oui, je sais on y trouve des bêtes curieuses, et patati et patata. Ma mère est malade je te dis, il a le droit de savoir, non ?
— Fais comme tu veux mais...
— Bon très bien. C'est entendu. Pfff !

Aphresia, du haut de ses 8 centimètres, en avait marre qu'on lui dise quoi penser et comment. Qu'on lui raconte ce qui était dangereux et ce qui ne l'était pas. Elle voulait découvrir le monde. Elle marchait tête en l'air près du ruisseau, quand soudain...

Elle entendit un bruit dans les feuillages. Elle ne respirait plus. Elle se déplaça doucement pour mieux voir. Elle se trouva museau contre museau avec une bestiole étrange. Beaucoup plus fine qu'elle, avec des reflets orange. L'animal cria et partit en courant.

"Mais attends" lui dit-elle. Elle se décida à lui courir après. Il se cognait à droite, il se cognait à gauche, mais pour autant, il n'arrêtait pas sa course. Il trébucha deux fois. Aphresia le poursuivait. Enfin une tête nouvelle. Enfin quelqu'un qui semblait sortir du lot.

À bout de souffle, il finit par s'arrêter.

— Ne t'approche pas !
— Mais pourquoi ?
— Tu viens de la zone claire du bois... J'ai pas confiance.

Aphresia n'en revenait pas.

— Mais alors tu viens de la zone obscure ?!
— Oui et alors ?
— Je n'ai jamais rencontré personne qui venait de là-bas. Comment tu t'appelles ?
— Je m'appelle Dyspraxie... et je me suis perdu...

Ils discutèrent tout deux pendant un long moment.

— Tu as le temps de rentrer avant la tombée de la nuit non ?!
— Oui, mais je me perds tout le temps... Je suis vraiment paumé là.
— Je peux t'indiquer la direction... mais je ne peux pas y aller avec toi. Je n'ai pas le droit d'aller de ce côté du bois.
— Oh, c'est pas grave. Juste que... Oh laisse tomber.
— Vas-y dis.
— ça fait deux jours que je suis perdu...

Aphresia réfléchit une bonne minute...

— Très bien, je vais t'accompagner. De toute façon, je dois voir mon oncle.
— Comment s'appelle-t-il ?
— Malaphresia
— Je ne connais pas, mais je serai ravi de te présenter des amis. Eux pourront t'aider !

Le reste est une longue aventure. Sur sa route, Aphresia partagea une fraise bien mûre avec Aphasie. Elle rit avec Dyspersé et discuta de longues heures avec Surefficient. Mais Aphresia n'avait toujours pas retrouvé son oncle. Dyspraxie lui présenta alors Eidétique.

— Malaphresia ? Oh oui dites-donc, je me souviens. Qui c'est déjà ?

Eidétique bougeait en permanence et tenait toujours une feuille d'acacia qu'il faisait tournoyer entre ses doigts.

— Ah oui, je me rappelle. C'est qu'on ne l'appelle plus comme ça ici. Ici, on l'appelle Tourette.

Dyspraxie eu un rire nerveux.

— Tourette, je connais... Si tu me l'avais dit plus tôt !

Jusqu'ici, la rencontre avec son oncle restait abstraite. Là, ça devenait réel. Aphresia allait VRAIMENT rencontrer son oncle. Cet être mystérieux, étrange et... sanguinaire.

Dyspraxie reprit la parole.

— Ça va Aphresia ?

Après un temps de silence, Aphresia répondit :

— Oui, oui, je suis juste un peu stressée
— Oh mais t'en fais pas. Tourette n'a rien à voir avec les récits que tu m'as contés
— Ah bon ?
— Disons qu'il peut impressionner. Il crie parfois sans crier gare. Il peut être agité. Mais méchant, jamais.

Aphresia avait le regard vide... juste avant d'éclater de rire. Tout ce qu'on lui avait raconté, toutes ces histoires, ces mensonges... Elle n'avait pas la force d'être en colère, alors elle rit tant qu'elle pouvait.

Le lendemain, Aphresia pu faire la rencontre de son oncle. Sanguinaire ? En quelque sorte. Il était docteur.

Deux mois plus tard, Aphresia et sa chère maman s'installaient en pays obscur. Sa mère était ainsi entre de bonnes mains. Et bien des années plus tard, après un travail acharné, Aphresia fit détruire cette frontière absurde, qui séparait les mondes.

Ainsi Carabustin pouvait discuter avec Synesthète et Gribolin avec Autistique. Il n'y avait pas deux forêts, il n'y en avait qu'une !

Je me présente, je m'appelle Nicolas Brun et je veux changer le monde.

Je veux changer le monde, une personne à la fois. Je veux vous aider vous, au travers d'une boîte à outils, pour créer, inventer, contribuer différemment, mais aussi pour vous changer vous-même, tant est que le changement commence par soi.

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